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L'argument du retour de l'absurde «crédibilité»

Richard Cohen écrit une autre chronique ennuyeuse sur la Syrie:

Mais en Extrême-Orient, ce qui préoccupe les décideurs sud-coréens, japonais et autres, ce n’est pas seulement l’instabilité potentielle de la région, mais aussi la politique syrienne erratique de l’administration Obama. Une "ligne rouge" a été prononcée, puis ignorée. Le président menaça de prendre des mesures de force, puis la décision fut renvoyée au Congrès où, pour approfondir la métaphore, la balle était baissée et, pour faire bonne mesure, déflatée. Rien de tout cela ne réconforte les pays qui voient dans la Chine une menace imminente et qui comptent sur les États-Unis pour leur sécurité.

Il va sans dire que Cohen ne présente aucune preuve que les gouvernements asiatiques alliés s’inquiètent du fait que les États-Unis n’ont pas attaqué la Syrie. Il ne fait que recycler les sots arguments de «crédibilité» sur la Syrie qui ont été formulés et réfutés l'année dernière. C’était un argument particulièrement stupide à l’époque, même quand il était présenté par des fonctionnaires de l’administration, et c’est encore ridicule à l’heure actuelle. Empêcher les États-Unis de participer à une autre guerre au Proche-Orient est exactement ce que nos alliés asiatiques ne voudraient pas, car cela détourne l'attention et les ressources qui pourraient autrement être utilisées à leur guise.

La décision de ne pas attaquer la Syrie n’a pas miné les engagements pris par les États-Unis envers ses alliés du traité en Asie. La «ligne rouge» en Syrie est le produit de ce qui s’est révélé être une déclaration présidentielle dénuée de sens lors d’une conférence de presse. Les obligations des États-Unis en matière de défense de la Corée du Sud et du Japon existent déjà et sont juridiquement contraignantes. L’un n’a rien à voir avec l’autre, mais les faucons syriens ont toujours cherché à confondre les deux pour obtenir la guerre pour laquelle ils agitent depuis deux ans et demi.

Le véritable danger en Asie n’est pas que nos alliés n’ont pas confiance dans les garanties américaines, mais qu’ils ne soient que trop prêts à prendre des mesures agressives en partant du principe que les États-Unis seront là pour les appuyer. Cohen essaie de tirer des leçons de la Première Guerre mondiale, mais il réussit d’une façon ou d’une autre à rater l’une des plus importantes de toutes. C’est qu’une grande puissance ne doit pas faire croire à ses alliés qu’ils disposent d’un chèque en blanc pour agir comme bon leur semble dans les conflits avec leurs voisins.

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