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Dimitris Christoulas, un nouveau symbole de l'austérité en Grèce

Les mesures d'austérité en Europe ont entraîné une autre fatalité. Mercredi matin, un homme de 77 ans s'est tué par balle sur la place Syntagma à Athènes. L'homme, Dimitris Christoulas, a laissé une note disant que le gouvernement grec ayant sabré dans sa pension, "je ne vois pas d'autre solution que cette fin digne de ma vie, je ne me retrouve donc pas à fouiller dans des poubelles pour me nourrir". Depuis le suicide, il y a eu des émeutes à Athènes.

La Grèce affichait l'un des taux de suicide les plus bas d'Europe, mais leur nombre a augmenté ces derniers mois, alors que le pays peine à maîtriser ses difficultés financières. Le nombre d'appels à la ligne d'assistance au suicide d'Athènes en 2011 était le double du nombre d'appels reçus en 2010, et d'autres statistiques expliquent en outre le désespoir de la Grèce. Près de la moitié des jeunes sont sans emploi, près de 30% des Grecs sont menacés de pauvreté ou d'exclusion sociale et la pauvreté a augmenté de 25% au cours des trois dernières années. Les suicides à Athènes ont augmenté de plus de 25% l’année dernière.

Christoulas n'a pas été le premier Grec à se tuer en raison des effets de la crise financière, et il ne sera pas le dernier. Toutefois, la publication du suicide et le ton de la note feront de Christoulas un symbole de l'austérité grecque pendant un certain temps. Déjà, la scène de la mort de Christoulas est devenue un sanctuaire.

La Grèce n'est pas le seul pays où les suicides et la dépression sont en augmentation. En Sicile, une femme de 78 ans a sauté d'un balcon à trois étages après avoir perdu sa pension. Dans le nord de l'Italie, un homme d'affaires âgé de 58 ans et un immigrant âgé de 27 ans ont tenté de se suicider en se faisant allumer dans deux incidents distincts.

Le gouvernement italien technocratique tente actuellement de mettre en œuvre des mesures qui empêcheront l'Italie de suivre les traces de la Grèce. La Grèce a dû mettre en œuvre des mesures d'austérité et des réductions de dépenses pour pouvoir bénéficier de l'aide financière d'organismes internationaux tels que le FMI et la BCE.

Pourtant, malgré les mesures mises en œuvre par la Grèce, il semble de plus en plus probable que la Grèce devra quitter la zone euro pour que sa monnaie reste viable. La dette publique en pourcentage du PIB est de 127,8%. Chaque grec est endetté à 34.103 dollars. Une dette de cette ampleur ne peut être résolue avec des plans de sauvetage financés par les contribuables, en particulier lorsque ce n'est pas le seul pays d'Europe confronté à des crises similaires.

Il est naturel que, à la suite du suicide de Christoulas, le blâme soit attribué. Il est extrêmement injuste qu'un homme âgé soit poussé à un acte aussi tragique alors qu'il se comportait de manière responsable dans ses propres affaires. Malheureusement, personne ne peut être tenu pour responsable de la disparition de la pension de Christoulas. Ce sont des années et des années d'irresponsabilité et de stupidité institutionnalisées de la part des décideurs politiques et des politiciens européens qui ont conduit à ce résultat tragique. Le suicide d'hier est un sombre rappel de la gravité de la crise, qui peut parfois se perdre dans toute la rhétorique politique.

Image: plearn

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